L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) met en garde contre les dangers des microplastiques et des PFAS, mais ne propose aucune solution.

Par : Jacqueline Esposito

La semaine dernière, l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) annoncé Les microplastiques et une large gamme de PFAS seront ajoutés à la liste provisoire des contaminants potentiels pour l'eau potable. Cette décision témoigne d'une prise de conscience croissante, au niveau fédéral, d'une forme de pollution répandue et profondément préoccupante.

Lors d'une table ronde organisée le 2 avril par des agences fédérales de santé et d'environnement, des représentants de l'administration Trump ont ouvertement évoqué les preuves de plus en plus nombreuses liant les microplastiques à de graves risques pour la santé humaine. Or, aucun plan visant à réglementer ou à réduire l'exposition à ces microplastiques n'a été mentionné.

De hauts responsables ont souligné l'ampleur du problème de la pollution plastique, reconnaissant la présence de microplastiques dans le sang, les tissus pulmonaires, le foie, les reins et même le placenta. Selon l'administration, sur un échantillon de 62 placentas analysés, tous contenaient des microplastiques. Ils ont ensuite expliqué que, selon certaines estimations, chaque personne pourrait avoir dans son cerveau l'équivalent d'une cuillère à café de plastique.

Le message était clair : la menace est réelle, répandue et déjà à l'intérieur de notre corps.

Quand la reconnaissance ne suffit pas
Malgré des données claires démontrant les dommages que ces toxines connues représentent pour nos communautés, le gouvernement ne parvient pas à assurer une protection adéquate. Waterkeeper Alliance a œuvré activement pour combler cet écart et exiger des comptes. Cette annonce fait suite à un plaidoyer soutenu de notre organisation pour révéler l'ampleur de microplastique et Contamination PFAS et de tenir l'administration Trump responsable de son inaction. Si l'annonce de l'EPA témoigne d'une prise de conscience croissante du problème, elle ne propose pas les solutions que nous réclamons sans cesse : des normes contraignantes pour l'eau potable concernant les PFAS et les microplastiques, des limites aux rejets industriels, l'élimination progressive des utilisations non essentielles des PFAS et une réduction significative des émissions de microplastiques à la source afin d'enrayer la contamination.

En réalité, alors même que les autorités fédérales reconnaissent les risques posés par les contaminants émergents, l'EPA adopte une approche inverse face à l'une des menaces les plus avérées. L'agence prend des mesures pour affaiblir et retarder la mise en œuvre de la toute première norme nationale relative aux PFAS dans l'eau potable.

La contradiction est flagrante. Alors même que l'EPA assouplit les limites contraignantes pour les PFAS dans l'eau potable, son administrateur, Lee Zeldin, cite l'ajout de ces mêmes substances chimiques à une liste de réglementations potentielles comme preuve de progrès.

Les préjudices sont bien documentés.
L'annonce de l'EPA souligne une réalité désormais incontestable : les microplastiques sont omniprésents, y compris dans l'eau potable et le corps humain. Des recherches récentes établissent un lien entre les microplastiques et un nombre croissant de problèmes de santé, notamment des répercussions sur le métabolisme, la fonction hépatique et la santé intestinale.

Les effets nocifs des PFAS sont encore plus clairement établis. Ces « polluants éternels » persistent dans l’environnement et dans notre organisme, et ont été associés au cancer, à la suppression du système immunitaire et à des troubles du développement. La science n'est pas le problème. Les véritables obstacles sont des politiques inefficaces, un manque de contrôle et une volonté politique qui privilégie les entreprises polluantes au détriment des populations.

L'inscription n'est pas réglementaire
L’inscription des microplastiques et des PFAS sur la liste des contaminants potentiels amorce un processus ; toutefois, elle ne protège personne. Sans limites contraignantes, sans réduction à la source et sans perspective claire de réglementation, cette annonce n’est guère plus qu’une mesure transitoire qui laisse la contamination se poursuivre sans contrôle. Pendant ce temps, les communautés continuent de boire de l'eau polluée.

Une contradiction troublante concernant les PFAS
L'élément le plus révélateur de l'annonce de la semaine dernière n'est pas ce que l'EPA a inclus, mais ce que l'agence fait simultanément. Alors même qu'elle reconnaît les dangers des PFAS, l'EPA s'emploie à affaiblir les mesures de protection mêmes destinées à limiter l'exposition. L'année dernière, l'agence plans annoncés L'Agence de protection de l'environnement (EPA) prolonge le délai de mise en conformité avec les normes nationales relatives aux PFAS dans l'eau potable et supprime purement et simplement les limites fixées pour plusieurs de ces composés omniprésents. Elle reconnaît ainsi le danger que représentent ces substances chimiques tout en retardant et en démantelant les réglementations censées protéger la population.

Il n'y a pas de retour en arrière
En ajoutant les microplastiques et d'autres PFAS à sa liste de contaminants, l'EPA a franchi une ligne importante : elle a formellement reconnu que ces contaminants sont présents dans l'eau potable et présentent des risques pour la santé humaine. Ce constat exige des actions.

Partout au pays, des communautés vivent déjà avec la contamination. Sans normes contraignantes pour l'eau potable, sans limites aux rejets industriels, sans élimination progressive des usages non essentiels et sans réduction significative à la source, la pollution continuera de dépasser notre capacité de réaction.